« Moi, je paierai jamais plus de 200€ par mois pour de l'IA »
La vraie question n'est pas le prix de l'abonnement, c'est la taille de tâche qu'un agent tient tout seul.

« Moi, je paierai jamais plus de 200€ par mois pour de l’IA. »
Je me suis dit ça un temps. Demain, Fable 5 revient. Et pendant les 3 jours où il a été dispo, j’ai capté un truc que j’avais loupé jusqu’ici.
On regarde le mauvais curseur. On se demande “combien je suis prêt à payer par mois”. La vraie question c’est : “quelle taille de tâche je peux déléguer”.
Ce qui change avec cette intelligence, c’est plus la qualité d’un one-shot de 2min. “Fais-moi les slides”, “code-moi cette feature”, ça on sait déjà faire. Ce qui change, c’est l’horizon. La longueur de la tâche qu’un agent tient tout seul.
Tu passes du question réglée en 2 minutes à un workflow complet, multi-phase. Son petit nom chez Anthropic : les “dynamic workflows”. Un truc qui prenait des jours, compressé en quelques heures.
Le genre de truc qui arrive : tu lances UN prompt, et le même agent enchaîne tout seul pendant une heure.
- Il mine les feedbacks clients d’un problème métier, rangés dans ProductBoard, via MCP.
- Il crunch la codebase pour comprendre l’existant et ses limites.
- Il lance 3 sous-agents en parallèle, chacun avec une piste de solution.
- Il les fait s’auto-attaquer en red team, garde la plus solide, itère une ou deux fois.
- Il ouvre le ticket Linear avec la conception fonctionnelle.
- Il te ping sur Slack pour valider.
- Tu dis oui : il attaque la conception technique, code, review et ouvre la MR.
Le tout sans que tu relances rien. Un seul workflow, branché sur tes outils.
En tant que devs, on a accès à ça en avance. Les petits chanceux. Mais c’est pas un truc de dev, ça va arriver à tous les métiers.
“Cool, ça tourne 1h, t’as le temps d’aller prendre un café.”
Non. Si on cherchait pas à maximiser la prod, ça se saurait. Donc à la place, t’en lances trois en parallèle. Et t’exploses ta conso de tokens encore plus vite. Et tu te dis “peut-être que je vais prendre l’abo à 500€”.
Et c’est là que le calcul bascule.
Un profil qualifié à 2500€ net, charges comprises, ça coûte dans les 4500€/mois à la boîte. Une licence à 500€, c’est à peine plus de 10% de ce coût. Il suffit que l’agent le rende 10 à 20% plus productif pour la rembourser.
Donc les boîtes diront oui. D’un point de vue purement économique, c’est rationnel. Écologiquement, clairement pas…
Pendant ce temps-là, on a déjà eu deux canicules alors qu’on est le 1er juillet. Mais je vois zéro chemin où l’appétit pour les tokens redescend. Je vois l’inverse : des gens qui montent des formations pour faire tourner leurs agents H24, des équipes objectivées sur les tokens consommés par employé, et des providers qui préparent des datacenters en orbite parce qu’ils ont capté que sur Terre ça rentrera pas.
Quand même un big up à Sonnet 5 qui suffit largement pour tous les one-shot de 2min.
Demain, quand tu le testes, regarde pas juste s’il code mieux. Regarde jusqu’où tu peux le lâcher seul.